Agroécologie : de quoi parle-t-on ?


Le terme agroécologie vient de la fusion des mots agronomie, qui est la science de l’agriculture, et écologie, qui est la science des interactions des êtres vivants entre eux et avec leur milieu.

Il est de plus en plus utilisé pour représenter un nouveau modèle agricole conventionnel.

L’expression agroécologie peut donc être définie par un ensemble de méthodes, de théories ou de pratiques de production agricoles, adaptées et respectueuses de l’environnement. Elle amplifie les fonctionnalités offertes par les écosystèmes tout en visant à diminuer les pressions sur l’environnement et à préserver les ressources naturelles. Il s’agit d’utiliser au maximum la nature comme facteur de production en maintenant ses capacités de renouvellement. En revanche, il n'existe pas de définition unique. En effet, l’agroécologie peut être présentée sous différents angles : pratiques agricoles, discipline scientifique, mouvement social.


voir aussi : agriculture bio vs conventionnelle...


Historique

La notion d’agroécologie a mobilisé toutes les sciences sociales au cours de son émergence. Elle a d’abord été utilisée très tôt (1928) pour expliquer l’utilisation de méthodes écologiques dans la recherche agronomique. En 1950, elle est utilisée pour analyser des recherches sur la régulation des ravageurs.


L’agroécologie se développe donc en tant que science appliquant les principes de l’écologie à l’agriculture. Dans les années 1980, le terme émerge véritablement, puisque celui-ci s’applique aux objectifs de la durabilité de l’agriculture. L’agroécologie passe donc de l’échelle de l’agrosystème à l’échelle de la ferme, du paysage puis du système agraire (ensemble des systèmes alimentaires). Apparaissent ensuite des mouvements sociaux, premièrement en Amérique latine, révélant l’incapacité des paysans à sortir de la misère. Tout d’abord l’agriculture alternative, opposée aux politiques de modernisation de l’agriculture mais aussi les mouvements agro écologiques, abordant les questions de souveraineté et de sécurité alimentaire, de développement durable mais aussi d’autonomie des agriculteurs.


Le terme agroécologie est introduit un peu plus tard en France, dans les années 2000, principalement dû à la dissociation des disciplines de l’agronomie et de l’écologie dans l’enseignement et la recherche français. Cette pratique devient alors un mode de production agricole faisant l'objet d'études, notamment le CIRAD (Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement) et l'INRA (Institut National de Recherche Agronomique). La popularité du terme « agroécologie » a connu un véritable essor ces dernières années en France. De nombreux projets ont été mis en place tel que le projet agro écologique pour la France mis en place par le ministère de l’agriculture en 2013 mais aussi la loi d’Avenir pour l’Agriculture, l’Alimentation et la Forêt, adoptée en 2014 et visant à promouvoir le développement des pratiques agricoles (création des GIEE - Groupement d'intérêt économique et environnemental-, introduction du terme dans l’enseignement agricole).


Pourquoi l’agroécologie ?


Aujourd’hui, de nombreuses problématiques techniques empêchent l’amélioration de la productivité et de la compétitivité des systèmes agricoles : dégradation des sols, résistance des ravageurs, augmentation du coût des entrants ou encore impact du changement climatique. De plus, l’agriculture doit faire face et répondre à des défis sociétaux primordiaux tels que le respect de la qualité de l’eau et de l’air, la diminution des gaz à effet de serre ou encore la sécurité alimentaire et la démographie grandissante.

L’agroécologie pourrait donc être une solution pour répondre efficacement à ces enjeux, en proposant une agriculture compétitive et durable.


Zoom sur certaines pratiques agroécologiques


L’agroécologie se traduit aujourd’hui par différentes méthodes et pratiques agricoles, dans le but d’avoir un meilleur impact sur l’environnement, voici quelques exemples :

  • Un travail du sol respectueux permettant la conservation des micro-organismes et des animaux le composant. Cela peut se traduire par :

  • Un couvert végétal quasi permanent pour limiter l’érosion des sols ;

  • Le non-labour ;

  • Le paillis ;

  • Une amplification de la biodiversité :

  • Éviter les monocultures nécessitant des intrants en énergie, pesticides et engrais ;

  • Utiliser des rotations longues ;

  • Faire de la culture associée ;

  • Fertiliser naturellement :

  • Utiliser des engrais verts, du compost ou du digestat ;

  • Faire de l’agroforesterie ;

  • Méthanisation ;


De nombreuses actions peuvent encore être recensées : Faire de l’agriculture de conservation, produire des protéines pour l’alimentation des animaux, optimiser sa consommation d’eau, reboiser des terrains etc.


L’agroécologie est donc une pratique à la portée de chacun, et pouvant se décliner sous différentes formes, aussi bien en se mobilisant et en sensibilisant qu’en pratiquant dans les exploitations agricoles. Aucune règle ou norme ne dicte ce système, il convient donc à chacun d’adapter son agriculture et son mode de production, en fonction de la possibilité ou non de mettre ces actions en place. Certaines sont très accessibles et peu coûteuses, par exemple la réalisation de compost, d’autres plus longues à mettre en place, par exemple la rotation des cultures.


Chez Foodologic, nous agissons pour le respect de l’environnement en proposant une solution de débouchés pour les invendus agricoles.