Comment lancer un projet anti-gaspi ? On répond à vos questions

Lancer un projet entrepreneurial, associatif ou plus personnel est une très belle ambition, démontrant une envie d’entreprendre, de créer et d’apporter une valeur ajoutée à ce qui existe déjà. Cependant, celui-ci requiert généralement beaucoup de temps, de connaissances, et de ressources, propres à son ampleur et ses caractéristiques.


C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’y a pas de guide universel au lancement d’un projet, au-delà de certaines démarches administratives, législatives ou comptables. Cet article n’est donc pas une méthodologie ou une suite d’étapes à suivre pour réussir mais simplement quelques conseils pour commencer, relatifs à un domaine que l’on connaît bien ici : l’anti-gaspi.


Les projets anti-gaspi sont de plus en plus nombreux à naître, ce qui illustre une forte prise de conscience des individus aux sujets de l’écologie, du respect de l’environnement et plus particulièrement du gaspillage alimentaire. Alors si toi aussi tu veux te lancer, voici quelques conseils pour appréhender au mieux ce milieu et aller au bout de ton projet, on l’espère !


1. On part des gisements et non d’une recette


La base de l’anti-gaspi, c’est de se servir des ressources déjà existantes en les transformant, améliorant ou redistribuant. Comme toute ébauche de projet, il faut que celui-ci réponde à une problématique, un besoin ou une demande. Par exemple, chez Foodologic, l’objectif de la solution est de "subvenir à la fois à la problématique du gaspillage des fruits et légumes, mais également celle de l'amélioration du revenu des agriculters et producteurs". Nous ne nous sommes donc pas fixés de « recette » en termes de variétés, de labels ou de produits à vendre.


Si vous souhaitez proposer une solution anti-gaspi relative aux fruits et légumes, ne vous positionnez pas directement sur telle ou telle variété selon vos goûts et vos envies. Informez-vous d’abord et privilégiez des variétés de légumes réellement touchées par le gaspillage à cause de leur mauvais calibre, leur surproduction ou encore leur mauvaise conservation. Pour cela, plusieurs sources d’informations s’offrent à vous :

  • Le site de l’ADEME, et son rapport de mai 2016 sur les pertes et gaspillages alimentaires.

  • L’article de blog réalisé par Foodologic sur les fruits et légumes les plus touchés par les pertes au champ.

  • S’adresser directement à des producteurs afin de connaître leurs variétés les plus invendues.

Petite information complémentaire : beaucoup d’individus associent l’anti-gaspi au bio, ce qui n’est pas représentatif de l’ensemble des possibilités qu’offre l’anti-gaspi. Vigilance donc aux projets alliant à la fois anti-gaspi et bio, qui s’implantent donc sur un marché niche. Le plus gros risque est le manque de quantité de produits disponibles.


Quelques soient ses convictions ou les données scientifiques, mieux vaut bien ancrer une problématique et la faire évoluer que de chercher à "cocher toutes les cases" dès le début au risque de ne pas se lancer.



2. On imagine le produit ou service


À partir de l’analyse des ressources potentielles, il est possible d’envisager un concept de produit ou service anti-gaspi. Cependant, plusieurs questions peuvent se poser, notamment sur la solution à proposer :

  • Revente/don de produits ?

  • Transformation de produits ?

  • Service de logistique ?

Tant d’options qui nécessitent une grande réflexion, on ne peut donc pas trop vous aider sur ce coup-là...

Il faut également s’interroger sur la nature des produits que l’on veut exploiter. Par exemple, opter pour des produits frais et de saison est une solution envisageable mais qui ne garantit pas de constance en termes de variété et de quantité.


Le projet doit donc être flexible sur ces critères. Il est aussi possible de transformer des produits frais en produits longue conservation, ce qui garantit des ventes plus constantes sur l’année. Mais encore une fois, des questions se posent. Il faut à la fois trouver des grandes quantités à transformer mais également être capable de les transformer au moment où les produits sont disponibles. La logistique est donc à prendre en compte.


3. On s’intéresse à ce qui existe déjà


Comme dans tout lancement de projet, l’étude de marché est primordiale. En effet, l’objectif est de déterminer ce qui se fait déjà, afin de s’orienter vers un projet novateur, apportant une réelle valeur ajoutée et ayant un avantage concurrentiel. Il existe de nombreux outils de benchmarking ainsi qu’énormément de contenu sur le sujet déjà en ligne, raison pour laquelle nous ne nous attardons pas sur le sujet.



4. On aborde les aspects plus techniques


Après avoir étudié la potentielle concurrence dans le but de garantir une implantation pérenne sur le marché, il est important de prendre en compte un certain nombre d’éléments relatifs aux coûts et aux quantités.


Le volume des produits à transformer


Encore une fois, le choix des quantités doit être en adéquation avec le projet, il n’y a donc aucun prérequis. Il faut tout simplement s’assurer que le produit soit disponible en quantité suffisante pour lancer le projet, mais également avoir une régularité d’approvisionnement sur le long terme. A contrario, il est préférable de commencer son activité par des petites quantités et d’augmenter ensuite au fur et à mesure, en fonction de l’évolution de l’activité. Ce conseil est également valable pour le secteur géographique.


Pour identifier le volume des produits à vendre, vous pouvez donc réaliser une étude quantitative en direct ou à travers un questionnaire, en interrogeant des clients potentiels sur leur comportement et habitudes de consommation. Le questionnaire doit être présenté sous forme d’entonnoir, avec au départ des questions très générales sur le projet, puis des questions de plus en plus pointues, par exemple sur la quantité d’achat, la fréquence d’achat ou encore le prix psychologique ou d’acceptabilité (prix jugé acceptable par le consommateur pour le produit ou service proposé).


Le coût d'achat

Lorsque l’on souhaite acheter des matières premières ou des marchandises dans le but de transformer ou vendre, le coût est un des principaux facteurs à prendre en compte. Il est important de l’identifier rapidement afin de pouvoir créer des budgets prévisionnels. Mais comment évaluer ce coût d’achat ? Plusieurs solutions s’offrent à vous :

  • Les cotations proposées par France Agri Mer,

  • Le simulateur de prix proposé par Foodologic (avec un compte client),

  • Se rendre dans les points de vente (grossistes ou M.I.N.) et comparer les prix.

Le coût d’achat varie évidement selon différents critères : la variété et l’état du produit, son origine, son mode de culture, la quantité achetée, la source d’approvisionnement.


Le coût de revient

Le coût d’achat permet aussi de calculer le coût de revient, soit la somme de l’ensemble des charges directes et indirectes que l’entreprise supporte pour fournir un bien ou un service, rapportée à la quantité de ces biens ou services. S’ajoute donc au coût d’achat tous les coûts de transformation du produit, allant de l’utilisation d’énergie pour des machines aux salaires des employés par exemple. Il est ensuite possible de calculer le prix de vente de son produit en partant du coût de revient et en y ajoutant la marge souhaitée et la TVA.


La source d’approvisionnement


Lorsque l’on souhaite s’approvisionner en fruits et légumes, plusieurs sources existent et sont plus ou moins intéressantes selon le type de projet. Un article a d’ailleurs été réalisé à ce propos, dans le but de les comparer.


Lire aussi : "Restaurateurs : où s'approvisionner en fruits et légumes"


Prenons tout de même quelques exemples. Lorsque l’on pense anti-gaspi, on souhaite souvent privilégier les producteurs directs car il y a moins d’intermédiaires, les produits sont locaux et la rémunération va directement aux producteurs. En revanche, le risque de rupture est plus élevé, il n’y a pas de fiabilité sur le long terme. De plus, il faut être en mesure de gérer la logistique et l’administratif. Cela peut donc être intéressant pour démarrer, avec des petits volumes. Les grossistes ou M.I.N. (Marchés d’Intérêt National) peuvent eux être intéressants pour de grosses quantités, et plus de régularité. De plus, la logistique est généralement prise en compte. Cependant, les prix sont plus élevés puisqu’il y a plus d’intermédiaires.


Pour chacun des aspects abordés ici, il n’y a jamais de bon ou de mauvais choix. Le plus important est la cohérence de chaque décision par rapport au projet.


5. On pense à l'environnement


Un projet anti-gaspi s’inscrit dans une démarche générale de respect de l’environnement. Cependant, il ne s’agit pas simplement de sauver des produits et légumes en les vendant ou transformant. De nombreux autres facteurs sont à prendre en compte, particulièrement l’empreinte carbone et le coût du transport.


Il est par exemple judicieux d’être au plus proche du gisement, avec à la fois un lieu d'approvisionnement et un lieu de transformation dans le même secteur géographique, le transport pouvant être une commodité très polluante. Vos produits aussi peuvent émettre une empreinte carbone conséquente en fonction de leur nature, frais ou transformés. Nous vous invitons donc à calculer l'empreinte carbone :

· Du transport grâce à Mon Impact Transport

· Des produits grâce à l’Agribalyse de l’ADEME


L’essentiel reste la transparence.



Posts récents

Voir tout

Ça y est, c’est le début de l’automne avec l’arrivée du mois d’octobre. C’est aussi l’occasion de découvrir de nouveaux fruits et légumes.