Consommation de fruits et légumes en France : quelles sont les grandes évolutions ?


Vous connaissez sûrement le fameux slogan « cinq fruits et légumes par jour », diffusé et affiché sur une grande partie des publicités alimentaires.

Et pour cause, celui-ci a été lancé à travers le Programme National Nutrition Santé, en 2007, dans le but de prévenir, informer et inciter les Français à consommer mieux et plus sainement.

Plus de 10 ans plus tard, les résultats sont convaincants. Le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) a publié en mars 2021 les résultats d’une enquête sur les « Comportements et consommations alimentaires en France en 2019 ».


En effet, les premières conclusions sont claires : les Français consomment plus de fruits et légumes. Résultats de la campagne du gouvernement ou changement des habitudes de consommation ? On essaye d’en savoir un peu plus…


Des changements sociétaux impactants


Les chiffres le démontrent : la consommation moyenne de fruits (hors jus) a augmenté de 13 grammes par jour chez les enfants et de 20 grammes par jour chez les adultes.



En revanche, l’augmentation n’est pas liée aux mêmes catégories d’aliments chez les enfants et les adultes. Par exemple, l’augmentation de consommation de fruits par les enfants est représentée par la compote alors que l’augmentation chez les adultes est liée à la consommation de fruits frais. Aussi, il semblerait que les adultes comme les enfants aient eu un regain d’appétence pour les légumes frais, au détriment des légumes en conserve dont la consommation n’a pas augmenté.


Cependant, ces progrès restent très faibles puisque seulement 10% des enfants et 32% des adultes étaient en adéquation avec les recommandations du Plan National Nutrition Santé en 2019. De plus, les jeunes générations consomment quatre fois moins de fruits et légumes que les plus âgées, phénomène découlant de la simplification des repas due à l’intensification du mode de vie (suppression des entrées et des desserts par exemple).

La façon de consommer les fruits et légumes évolue donc. Par exemple, les plus jeunes auront tendance à manger des fruits en encas, apéritifs ou encore au petit déjeuner dans des céréales par exemple, plutôt que lors des repas traditionnels.

Enfin, les jeunes adultes ont aujourd’hui une plus grande conscience du lien entre santé et alimentation mais également de plus grandes préoccupations concernant l’environnement, ce qui agit fortement sur leur consommation de fruits et légumes. La tendance du végétalisme s’est d’ailleurs beaucoup développée, au détriment des produits carnés.


On constate également des disparités d’évolution entre les régions, notamment entre le nord et le sud de la France. De façon générale, on consomme moins de fruits et légumes dans le nord que dans le sud, différence pouvant s’expliquer par la répartition des zones de production plus nombreuses dans le Sud, mais aussi par la culture gastronomique et l’économie des régions.


La crise de la Covid-19 a favorisé les circuits courts…

Les faits de société tels que la crise sanitaire à laquelle les Français ont fait face durant l’année 2020 sont souvent générateurs de changement et accélérateurs de nouvelles tendances. Dans cette situation, la crise a joué un rôle considérable sur la consommation des fruits et légumes. En effet, qui dit suppression des repas en extérieur dit plus de cuisine à domicile, qui dit restriction des déplacements, dit courses de proximité… Les circuits de distribution dits courts ont été largement privilégié par les consommateurs, que cela soit les producteurs du coin, les petits commerces ou encore le drive. Selon l’ADEME, 6 à 7% des achats alimentaires en France se font à présent par le biais de circuits courts.


… mais pas forcément le bio


Cette crise a également marqué le ralentissement de la consommation des produits bio, particulièrement dans les grandes surfaces dont les ventes ont diminué de 3% par rapport à 2019. Ce qui inquiète est la provenance des produits bio, souvent étrangère. Certains français n’ont plus confiance en l’appellation, qu’ils considèrent comme une stratégie marketing plutôt qu’une vraie démarche environnementale. Les français privilégient donc le local, c’est la proximité qui est plébiscitée par le consommateur. Si la situation persiste, les prix pourraient baisser et impacter fortement les agriculteurs, particulièrement ceux en reconversion biologique.


Finalement, la vente de fruits et légumes dans toutes ses formes (conserve, surgelés, frais) a augmenté en 2020 (par rapport à 2019) :

- La quantité achetée a augmentée de 4,9%

- Les sommes dépensées par ménage ont augmenté de 12,6%, passant de 426,20€ à 479,90€.


La crise sanitaire, les changements sociétaux mais également la montée des préoccupations environnementales sont donc à l’origine de la végétalisation de l’alimentation des Français, qui devrait continuer d’accroître ces prochaines années.