Le rôle de l'agriculteur de demain

Le rôle de l’exploitant agricole a évolué au fil des années. Il était considéré essentiellement comme un producteur de biens destinés à l’alimentation humaine lors de l’après-guerre. Aujourd’hui, sa fonction est bien plus large, même s’il n’est pas toujours reconnu pour cela. Dans le futur, sa place évoluera encore de façon importante aux vues des enjeux planétaires auxquels il est capable de répondre.


De producteur à pédagogue du bien manger


Avant : produire en quantité et qualité sanitaire

Produire des aliments pour répondre aux besoins physiologiques des individus est l’une des fonctions essentielles de l’agriculteur. Ce rôle a d’ailleurs été entériné lors de la création de la PAC en 1962. Le défi de l’autosuffisance alimentaire à des prix raisonnables a été brillamment relevé : la mise à disposition de quantités suffisantes de denrées alimentaires et leur qualité sanitaire sont reconnues. L’un des grands défis de l’agriculteur est de remettre au goût du jour la qualité intrinsèque des produits et de réconcilier le consommateur avec les aliments sains.


Demain : la pédagogie et la communication pour provoquer l’acte d’achat


Le retour aux valeurs fondamentales prônées ces derniers temps joue en sa faveur. Le consommateur comprend ainsi de mieux en mieux qu’un concombre de travers ou une tomate difforme n’altère en rien le goût du produit. Pour changer les habitudes des consommateurs, il ne suffit plus de produire et de vendre, il faut aussi développer des compétences de pédagogue et user des moyens de communication existants. L’objectif : le passage à l’acte d’achat dans le comportement des ménages. Pour y arriver, le développement des circuits courts et la reprise en main de la distribution par le monde agricole sera l’une des clés.


Répondre aux enjeux environnementaux planétaires par l’innovation


L’agriculture, pleinement partie prenante dans la lutte contre le réchauffement climatique

Le réchauffement climatique et l’environnement en général sont des enjeux planétaires forts. Souvent critiquée vis-à-vis des pollutions qu’elle peut engendrer, l’agriculture n’a pourtant rien à se reprocher vis-à-vis des efforts qu’elle réalise depuis 30 ans pour améliorer ses pratiques. Elle est d’ailleurs un maillon nécessaire et important dans la lutte contre le changement climatique, le maintien de la biodiversité, l’érosion des sols et la qualité de l’eau. Aujourd’hui, mais plus encore dans le futur, l’agriculture aura toute sa place dans la lutte contre le changement climatique. L’innovation, qu’elle soit agronomique ou technique est et sera le fer de lance de l’évolution des pratiques.


Labellisation et changements de pratiques pour relever les défis de demain


Les changements de pratiques sont déjà visibles et en cours, mais s’accélèrent, avec le développement :

  • Des labels HVE (Haute Valeur environnementale) ou Agriculture Biologique et de l’Agriculture Raisonnée, Intégrées, de Conservation des Sols,…

  • De pratiques visant à stocker le carbone dans le sol : limiter le travail du sol, gestion de la fertilisation organique, développement des cultures intermédiaires, implantation de haies et agroforesterie, gestion des prairies, protection des terres agricoles.

Pour arriver à ces fins, le matériel agricole est de plus en plus sophistiqué : électronique, intelligence artificielle, analyses de données. Le développement de l’agriculture de précision est l’un des ressorts les plus prometteurs avec la possibilité de réfléchir ses interventions pour utiliser le moins d’énergie et d’intrants.


Vers une production d’énergie verte et une diminution des déchets

Pour répondre aux enjeux climatiques, le producteur agricole devient également producteur d’énergie verte. La méthanisation permet de valoriser les déchets putrescibles par la fermentation en milieu fermé.

Le gain est intéressant car il permet :

  • Des économies en énergies réalisées, en évitant l’incinération des biodéchets.

  • De valoriser le compost par un retour au sol.

  • De produire une multitude d’énergies vertes (électricité, chaleur, cogénération, biométhane, bio GNV…) et de contribuer à la diminution de la production d’énergie fossile par la même occasion.


Le maintien des traditions, le lien social et le développement économique des territoires


L’agriculture : créatrice d’emploi sur le territoire


L’agriculteur contribue au maintien de l’emploi sur un bassin de production. Une exploitation agricole génère entre 4 à 5 emplois indirects. Au niveau de la population active française, ce chiffre représente 18% de la population. L’agriculture permet aussi le maintien des paysages. Ils façonnent les territoires et invitent les touristes à les découvrir. Il y a fort à parier que le développement des circuits courts et de l’agro-tourisme génère et générera dans le futur d’autres emplois locaux.


La stabilité d’une filière qui évolue avec son temps

Bien qu’en constante évolution, le monde agricole détient aussi un rôle important dans le maintien des traditions et leur transmission. Ancrée dans son territoire, l’agriculture s’attache à véhiculer les histoires et les coutumes locales. Le lien social qu’elle permet d’établir ou de restaurer est d’ailleurs reconnu par la majorité de la population. 91 % des français estiment également qu’elle est un facteur d’équilibre dans la société. Elle jouera d’autant plus le rôle de ciment dans un monde en voie à une profonde mutation dans les années qui viennent.

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