Pertes à la production : 6 débouchés plus ou moins rentables pour les fruits et légumes


Les pertes de denrées alimentaires à la production en France représentent environ 11% pour les fruits et légumes*. Chaque année, ce sont ainsi plus de 1 million de tonnes qui sont perdus ou gaspillés. Ils sont écartés de la production parce qu’ils ont des problèmes d’aspect, de calibre, de forme. Ils sont potentiellement aussi abîmés et non récoltés, ou ne trouve tout simplement pas preneur dans un marché en surproduction. Les producteurs font le choix de diriger leurs tonnages vers des débouchés secondaires. Leur objectif : préserver leur rentabilité économique, éviter le gaspillage ou privilégier l’alimentation humaine ou animale. Tour d’horizon des solutions existantes.


Valoriser les invendus en consommation humaine à des prix intéressants


Certains organismes ou sociétés sont tout à fait capables de valoriser les légumes ou les fruits potentiellement perdus au stade de la production. C’est le cas des sociétés qui transforment les fruits et légumes. Les produits obtenus peuvent être de la soupe, du jus ou des plats préparés. Les restaurateurs qui recherchent des produits locaux et sains peuvent également être de bons clients pour peu que le produit soit qualitatif. Les produits pommes et poires de table, pêches, nectarines, fraises et cerises sont ainsi réutilisés en tant que sous-produits pour l’alimentation humaine dans la moitié des cas de pertes selon l’ADEME. Pour centraliser les demandes, des plateformes web ont pris le parti de créer un lieu de rencontre entre acheteurs et vendeurs dans l’optique de diminuer le gaspillage. C’est le cas de Foodologic, qui a sauvé plus de 20 tonnes de fruits et légumes en 2020.



Le don des fruits et légumes aux associations caritatives


Le don aux associations caritatives est l’un des débouchés potentiels. Il est mobilisé pour distribuer le tiers des pertes en tomate ou en carottes et 5 à 10 % pour les carottes et les oignons selon l’ADEME. Certaines plateformes web se sont mises en place pour faire le lien entre les producteurs et les acteurs de la société, comme par exemple SOLAAL. L’ancienne responsable des Légumes de France, Angélique Delahaye en est à la tête. Elle précise qu’en 2020, ce sont plus de 4 000 tonnes qui ont ainsi été donnés à des associations pour la préparation de plus de 8 millions de repas. La récupération des fruits et légumes est notamment possible en mobilisant les associations bénévoles grâce aux méthodes de glanage.


L’alimentation animale comme alternative aux fruits et légumes sans débouchés

Lorsque les débouchés en alimentation humaine manquent ; ceux en alimentation animale peuvent être intéressants, d’autant plus si l’animal se retrouve dans notre assiette. Rediriger les denrées vers l’alimentation animale n’est pas considéré comme une perte alimentaire par certains organismes comme l’INRA. Ce sont plutôt les produits céréaliers perdus qui vont bénéficier à cette filière, ainsi que les endives pour 80% des produits perdus selon l’ADEME.


La fabrication de compost et la méthanisation : produire de l’énergie à défaut de consommer les produits


Pour valoriser les pertes à la production, il est possible de les réutiliser pour fertiliser les parcelles. On peut par exemple les utiliser pour la fabrication de compost ou les intégrer au circuit de méthanisation. Cette dernière technique consiste à produire du méthane sous forme de gaz à partir de produits organiques fermentés. A la sortie, le substrat restant se présente sous la forme d’un produit fertilisant très intéressant. La méthanisation se développe en France sous la forme d’unités agricoles valorisant la plupart du temps les effluents d’élevage, avec des puissances électriques installées de 220 kWe. Cela représente 7700 tonnes de matières méthanisables. A noter que jusqu’à 70% des melons perdus se retrouvent compostés pour l’ADEME.


Le reste au champ : une récolte non rentable


Dans certains cas, il n’est pas possible de récolter le reste au champ. En plus de perdre son chiffre d’affaire car il n’a pas trouvé de débouchés, le producteur perdrait de l’argent en mobilisant à la fois des ressources humaines (lui-même, salariés pour la cueillette, le tri,…) et matérielles (machines à récolter, à trier, gazole,…) pour la récolte. Dans les quantités perdues, on retrouve ainsi plus de la moitié des pertes en carottes, pommes et poires de table, pêches, nectarines, prunes et abricots, pommes de terre, ainsi que 20% des pertes en endives.


La destruction des fruits et légumes invendables


Les produits récoltés et non vendus flétrissent et pourrissent. Ils deviennent invendables. Pour s’en débarrasser, certains les détruisent. Cette notion de destruction recouvre ce qui est incinéré et déposé en déchèterie. Elle concerne ainsi 95% des produits perdus en oignon, 40% des produits perdus en fraise et 60 % des produits perdus en cerise selon l’ADEME. Il s’agit d’un dernier recours, qui, en plus d’une perte économique importante liée aux coûts de production et de récolte, impose parfois un coût de destruction non négligeable.



*https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/pertes-et-gaspillages-alimentaires-201605-rapport.pdf

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